Histoire
Naissance de l’Association Étudiante de l’Université McGill
C’est en 1902-1903 que l’Association Alma Mater vit le jour. Même si elle s’occupait de promouvoir des activités et certaines publications, l’Association avait peu de responsabilités. En 1908, l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM) fut fondée et, en 1909, l’AÉUM devint officiellement l’organisme représentatif des étudiants à McGill.
Au début, l’AÉUM devait gérer la coordination des activités étudiantes à l’université. John T. Hackett, le premier président de l’Association, a même affirmé :
« Comme la plupart des nouveaux gouvernements, l’Association est née à la suite d’abus. Les étudiants se sont discrédités face au public. Étant donné que les créanciers ne sont pas venus à terme avec eux et que les étudiants ont montré de la connivence face aux accusations régulières de vandalisme, une réforme était de mise ».
C’est ainsi que l’Association étudiante et sa branche exécutive, le Conseil Exécutif des Étudiants, furent créés.
Bien que McGill a commencé à admettre des étudiantes qu’en 1884, il a fallu attendre 1931 pour voir les femmes devenir membres de l’AÉUM. Elles avaient une organisation parallèle nommée l’Association des Femmes. Ce n’est qu’en 1965 que l’AÉUM a élu sa première présidente, Sharon Sholzberg.
L’AÉUM a continué de croître et d’évoluer après sa création. L’AÉUM a commencé à inclure des clubs, proposer différents services et gérer le centre universitaire (qui était, à l’époque, un pub et une cafétéria). Au fil des ans, les revendications étudiantes se faisaient de plus en plus nombreuses. L’Association entreprit alors des mesures pour garantir son efficacité, notamment l’élargissement du conseil exécutif et la création de nouveaux postes étudiants. Alors que les questions sociales sur le campus devenaient plus importantes et plus complexes, l’Association demanda de représenter les étudiants auprès de l’administration. Après de nombreuses manifestations étudiantes, l’Association obtint des sièges au Conseil des Gouverneurs et au Sénat en 1968.
Les années 50
Les efforts de guerre, la conscription, les échanges à l’étranger avec des étudiants russes et l’arrivée de la pilule contraceptive représentent seulement quelques problèmes auxquels l’AÉUM a du faire face pendant les années 1950. L’AÉUM, en tant que membre de la Fédération Nationale des Étudiants d’Universités Canadiennes (FNEUC), voulut accroître le financement public pour l’éducation et mettre l’accent sur les problèmes qu’occasionnait le manque d’emplois pour les étudiants. Diverses tactiques ont été employées : le boycott des cours pendant une journée (1958), une campagne publicitaire lors de la Journée Nationale des Étudiants (5 mars 1959), ainsi que des réunions avec les ministres du Québec.
Il était important pour l’AÉUM d’entretenir de bonnes relations avec les ministres. Sensibiliser le gouvernement à la nécessité d’une éducation accessible et de qualité au Québec, et particulièrement à McGill, a toujours été une priorité. En 1954, l’AÉUM et d’autres associations étudiantes ont discuté avec Maurice Duplessis des besoins des étudiants. Les préoccupations de l’AÉUM étaient les subventions statutaires provinciales allouées aux universités, les bourses et l’aide financière allouée aux étudiants. La participation de l’AÉUM a contribué à remodeler le programme d’aide financière pour le secteur de l’éducation postsecondaire.
Les années 60 et 70
Pendant les années 60 et 70, l’Université McGill (comme la plupart des campus en Amérique du Nord) connut son lot de manifestations. Les étudiants montréalais ont manifesté contre les tests nucléaires américains effectués à Amchitka et contre la guerre du Vietnam. Le Conseil exécutif des étudiants a voté pour l’abolition de tous les frais étudiants. Les étudiants de McGill étaient les seuls à demander une éducation sans payer de frais de scolarité. Pendant cette période mouvementée, la représentation étudiante au sénat et au conseil des gouverneurs devint importante.
Les fédérations étudiantes
Bien qu’aujourd’hui l’AÉUM traite d’enjeux différents, la participation active au sein des associations étudiantes fédérales et provinciales est toujours vue comme un moyen de communication valable avec d’autres étudiants, gouvernements et acteurs de l’éducation postsecondaire. L’histoire de la participation de l’AÉUM dans ces organisations étudiantes en dit long sur ses relations changeantes avec les autres.
En 1926, la Fédération Nationale des Étudiants d’Universités Canadiennes (FNEUC) fut créée lors d’une conférence à McGill dans le but de promouvoir l’union des organisations étudiantes afin de superviser la promotion des intérêts étudiants. Les syndicats étudiants québécois se retirèrent de la Fédération en 1964 pour former l’Union Générale des Étudiants du Québec (UGÉQ) qui fut remplacée en 1974 par l’Association Nationale des Étudiantes et Étudiants du Québec (ANÉÉQ). En 1981, le mouvement s’élargit avec la création de la Fédération Canadienne des Étudiantes et des Étudiants à l’Université de Carleton.
L’AÉUM n’a jamais rejoint la FCÉÉ. Le contexte culturel au Québec était unique, le ministère de l’Éducation jouant un rôle plus important dans l’élaboration des politiques que dans aucune autre province. L’AÉUM trouva plus pratique de devenir membre de la branche régionale de la FCÉÉ (la FCÉÉ-Q) pour permettre aux étudiants de se faire entendre où ils ont le plus d’impact, c’est-à-dire dans leur propre province. L’AÉUM n’a jamais été d’accord sur l’approche de la FCÉÉ en ce qui concerne la représentation étudiante. La FCÉÉ ne reflétait pas le pragmatisme de l’AÉUM pour influencer les décisions politiques. C’est pour cette raison que l’AÉUM a été un membre fondateur de l’Alliance Canadienne des Associations Étudiantes (ACAE) en 1994.
Une autre initiative de l’AÉUM a été la création de la Fédération Étudiante Universitaire du Québec (FÉUQ) en 1989. C’est dans la salle de bal du centre universitaire que l’Association Étudiante et d’autres universités du Québec sont devenues membres de la nouvelle organisation provinciale. L’AÉUM devint le second membre de la FÉUQ mais retira son adhésion peu de temps après à cause de différences notables sur certaines politiques. En 1994, l’AÉUM rejoint la FÉUQ à nouveau. En 1995, lors du référendum, la FÉUQ représenta le ‘oui’ et l’AÉUM se retira encore une fois. En 2002, l’AÉUM rejoint la FÉUQ pour une troisième fois, motivé par les recherches impressionnantes produites par la FÉUQ l’année précédente. À l’automne 2006, l’AÉUM orchestra un référendum pour terminer son adhésion à la FÉUQ. Les résultats furent éloquents : 76 % des membres de l’AÉUM votèrent ‘oui’ pour quitter la FÉUQ, avec un taux de participation de 30 %. Malgré leurs relations tumultueuses dans le passé, l’AÉUM et la FÉUQ ont continué de travailler ensemble sur de nombreux projets. En ce moment, l’AÉUM n’est affiliée avec aucune organisation nationale ou provinciale et conserve son indépendance grâce au poste du vice-président des affaires externes.
Les étudiants et les évènements de l’AÉUM
L’AÉUM a toujours pris position, que ce soit sur des questions internationales telles que la guerre en Irak et ou sur des questions nationales et provinciales comme le gel des droits de scolarité. La priorité de l’AÉUM a toujours été la représentation des intérêts des étudiants du premier cycle et l’amélioration de la qualité de la vie étudiante sur le campus. Petit à petit, l’AÉUM est devenue une association assurant la coordination de différents clubs sur le campus et le fournisseur de nombreux services aux étudiants.
Deux évènements à succès, Frosh et la Soirée d’activités (Activities Night) ont lieu au début de chaque année scolaire. En 1953, des milliers d’étudiants sont venus à la Soirée d’activités pour découvrir et adhérer à des clubs de l’AÉUM. Cette soirée spéciale permet de faire découvrir plus de 150 clubs, services, et publications. À l’automne 2008, plus de 2 500 étudiants sont venus à la soirée de présentation des activités. L’AÉUM est ravie de la présence de clubs historiques tels que le McGill Outdoors Club (Club des activités extérieures) et le Debating Union (Le club-débat, un des premiers clubs de l’AÉUM, qui organise des débats avec des universités aussi prestigieuses que Harvard depuis 1880).
En 1997, Snow Air Pub fut introduit par l’AÉUM comme la version hivernale de l’Open Air Pub de septembre, organisé par l’Association des Étudiant(e)s en Génie. Les Olympiques des facultés (Faculty Olympics) est projet introduit par l’AÉUM en mars 2007, au cours duquel les facultés se disputent pour remporter des épreuves sportives et universitaires. Frosh continue d’être un des événements les plus populaires de l’AÉUM avec 1 850 étudiants inscrits en août 2008.
Le bâtiment Shatner
Au milieu des années 50, l’AÉUM réussit à convaincre le Conseil des gouverneurs d’avoir un bâtiment consacré aux activités et aux services étudiants. L’AÉUM présenta un dossier et remit un chèque de 25 000 $ au Fonds de dotation pour le nouveau bâtiment consacré aux activités étudiantes de McGill, indiquant le fort désir d’avoir un nouveau bâtiment. Les 12 000 étudiants de McGill se montrèrent très enthousiastes lorsque le Premier ministre du Québec, Jean Lesage, annonça officiellement l’ouverture du centre pour les étudiants le 15 octobre 1965. Bien qu’appartenant à l’université, il est maintenant géré par les étudiants.
Et Shatner?
En 1992, lors d’un référendum de l’AÉUM, on chercha à changer le nom officiel du « Centre universitaire » pour le « Centre universitaire William Shatner » en honneur à l’acteur canadien diplômé de McGill en 1952 avec un baccalauréat en communication. Après tout, aucun autre étudiant de McGill a été commandant d’un vaisseau interstellaire 15 ans après avoir reçu son diplôme! Bien qu’une majorité d’étudiants ait soutenu l’idée, l’université rejeta les résultats en raison des règlements concernant la toponymie. Malgré tout, les étudiants démontrent une affection particulière au terme « Shatner » puisqu’ils l’emploient quotidiennement pour parler du centre universitaire.
Une initiative importante de l’ex-président de l’AÉUM Duncan Reid (1998) a été la création du Fonds des étudiants de premier cycle de McGill. Le but de ce fonds était de répondre aux préoccupations financières urgentes causées par les coupures budgétaires gouvernementales dans l’éducation. Trois secteurs furent choisis pour recevoir des fonds : les bibliothèques, la rénovation du centre universitaire et la création d’un fonds pour les bourses dédiées aux étudiants éprouvant des difficultés financières. L’université accepta de doubler les fonds collectés par les étudiants. L’argent recueilli a permis de faire les améliorations suivantes : des heures d’ouverture plus longues pour les bibliothèques, un budget AÉUM de plus de 35 000 $ (le Fonds pour la vie de campus) qui permet aux étudiants d’organiser des évènements visant à enrichir la vie sur le campus, des rénovations au bâtiment Shatner, ainsi que des améliorations des bibliothèques. En 2004, ce fonds fut réduit de moitié.
Conclusion
Depuis toujours, l’AÉUM a fait preuve de leadership aussi bien sur le campus qu’à l’extérieur. L’AÉUM s’est toujours assurée d’avoir sa place dans les négociations et n’a jamais été un pion silencieux d’une autre organisation ou d’un comité. La voix de l’AÉUM ont toujours été mises au premier plan par ses dirigeants. C’est grâce à son engagement que l’AÉUM a entrepris et mené à bien de nombreux projets sur le campus (la pouponnière, le fonds d’amélioration des bibliothèques, et les rénovations dans le bâtiment Shatner). Nos services s’étendent au-delà de McGill et permettent de tisser des liens avec la communauté qui nous soutient. Nos clubs multiethniques sont en relation avec les nombreuses communautés de Montréal.
Des événements innovateurs tels que Snow AP et Culture Shock démontrent que l’AÉUM est toujours prête à proposer de nouvelles idées. Quant aux événements les plus connus, ils sont constamment améliorés. Tout ce qu’entreprend l’AÉUM est à l’avantage des étudiants et, même si l’AÉUM a dû se battre pour en arriver là où elle est aujourd’hui, la vision qui la porte fait d’elle une grande organisation. Les étudiants de McGill peuvent en être fiers.
